A quelques kilomètres de l'habitation des deux s½urs, dans un imposant manoir, un homme se rongeait les sangs.
« Le maître ne va pas être content, oh non pas content du tout... » se répétait-il sans cesse à haute voix.
Il astiqua frénétiquement une coupe en argent, pour la cinquième fois consécutive. Celle-ci était désormais si étincelante que l'homme pouvait y voir son visage s'y reflétait. Il y aperçut son crâne chauve, ses yeux gris globuleux, ses joues creuses et sa bouche édentée. L'homme était de petite taille et dut s'aider d'un tabouret pour replacer la coupe en haut de son étagère. Un fois chose faite, il observa la pièce d'un ½il critique. Plongée dans le noir, un climat pesant et austère y régnait. Les meubles en bois massif, tous plus vieux les uns que les autres, étaient rongés par les mites. Des trophées en argent, des chandeliers et de vieilles photos y étaient posés. Des tableaux représentant des scènes de lutte allant de la bataille de Crécy à celle de Midway étaient disposés sur les murs dans un ordre chronologique. La salle ne possédait qu'une unique fenêtre, cachée par un long rideau vert, empêchant ainsi toute lumière de pénétrer à l'intérieur. L'homme entendit du bruit à l'étage au-dessus et se figea alors instantanément. Ses membres se mirent à trembler.
« Le voilà...» pensa t-il.
En effet, quelques secondes plus tard, la porte principale s'ouvrit avec éclat et une silhouette pénétra dans la salle. Elle avança d'un pas précipité, et arriva devant l'homme. L'homme, tremblant, étudia son maître du regard. Celui-ci était grand et mince. Ses cheveux étaient d'un noir de jais et ses yeux bleus-gris. Les énormes cernes qui les entourait contrastaient avec la pâleur de son visage. Il était vêtu de noir de la tête au pied. Le comte Dracula fixa son domestique d'un air féroce et lui demanda froidement :
« Tu n'as rien à me dire Brisset ?
- N...Non maître, je ne vois vraiment pas... »
Le comte se rapprocha doucement de son serviteur et murmura :
« Vraiment ? Tu en es sûr ? Ne t'avais-je pas envoyer me chercher quelque chose ? »
Brisset eût un petit rire forcé et ses tremblements redoublèrent.
« Ah...ça...Oui, je...je voulais vous en parlez maître, je n'ai malheureusement pas pu me le procurer, des humains sont arrivés et...
-ET DEPUIS QUAND FAIBLISSONS-NOUS FACE AUX HUMAINS ? », explosa le comte.
Brisset se jeta à genoux, face au comte et implora à voix basse :
« P...Pardon maître, je suis vraiment désolé, j'ai failli à ma tâche, je...
- Relève-toi Brisset, tu es vraiment pitoyable ! », l'interrompit froidement Dracula.
Le comte se mit à faire les cent pas dans la salle, ses sourcils broussailleux froncés à leur maximum. Brisset, qui était de nouveau debout, regarda faire son maître, ne sachant pas trop quoi faire et attendant que celui-ci se calme. Dix minutes plus tard, Dracula s'arrêta enfin et se tournant vers Brisset dit :
« Bon, nous savons déjà grâce au premier document trouvé au Vatican qu'un humain aurait le pouvoir de me tuer. Comment peut-il tuer un mort, ça je l'ignore...C'est pour cela que nous sommes venus ici, en France...Afin de trouver la seconde prophétie qui, d'après la première, nous donnerait des précisions sur cet humain, afin que je puisse m'en débarrasser...J'ai trouvé son emplacement et je t'ai envoyé me la chercher...tache où tu as lamentablement échouée...Je vais donc devoir y aller moi-même ce soir... Quand à toi , je veux que tu ailles supprimer ces enquêteurs qui investiguent sur les meurtres que j'ai commis, ils commencent à devenir gênant. Tu penses pouvoir faire cela ?, ajouta-t-il avec une pointe d'ironie.
- Oui maître, c'est comme si c'était fait ! assura Brisset.
- Bien... »
Dracula se dirigea vers la porte, et s'arrêta à quelques centimètres de celle-ci. Il se retourna vers son serviteur et ajouta menaçant :
« J'espère que tu ne souhaites pas que cet humain parvienne à me tuer Brisset...car rappelle toi une chose : j'ai fais de toi un vampire, si je péris, tu périras avec moi...ne l'oublies jamais ! »
Le comte sortit de la pièce, laissant son serviteur seul et pensif.
A suivre...